Une lettre para vos

Novembre 2019


Hola, 


Je reviens de trois jours à un Festival de cinéma au bord de la mer et j’ai vu, par hasard, cinq films qui abordaient, de près ou de loin, la thématique du feu. Le feu qui brûle les maisons dans Atlantics, les feux qui brûlent des petites filles dans Jeanne et dans The world is full of secrets, le feu qui brûle une forêt dans O que arde ; et le dernier, mon préféré, le feu qui brûle le pan de la robe de Adèle Haenel dans Portrait de la jeune fille en feu. De retour dans la grande ville, loin de l’océan, j’ai fait le curieux rapprochement entre le feu de ces histoires et moi. Mes yeux et ma gorge brûlaient, eux aussi, en silence. 

Ardo de cariño por vos desde el primer día que salimos al cine. Cuando nuestras manos se tocaron, supe que iba a ser de verdad y sentí que este sentimiento era compartido. No mientas, no te estoy enseñando nada. Yo gracias a mi intuición siempre sé cuando tengo razón. Siento tanto las cosas que, a veces, es muy molesto porque tomo conciencia de algunas situaciones antes de que ocurran. Y son pocos los que entienden. Pero bueno, aún las brujas conviven con el miedo de perderse. 

Esta misma noche, cuando se hizo tarde y que caminamos en la calle, ni siquiera me preguntaste si quería ir a tu casa, ni siquiera me pregunté si quería ir a tu casa. Nos fuimos charlando como si nos conociéramos desde hacia mucho y que era lógico dirigirse, juntos, hasta tu casa. Nunca se lo dije a nadie, creo, pero tenía la extraña sensación de estar conmigo misma. 

Hier soir, j’ai dormi avec un autre garçon pour la première fois depuis que je t’ai rencontré, mais je n’ai pensé qu’à toi. Je pensais à ton odeur et à ta peau, à tous nos points communs et aux poils qui habitent le chemin entre ton nombril et ta ceinture, à nos conversations quand t’avais l’air heureux et à comment tu entourais l’une de mes jambes avec les tiennes toute la nuit, pour dormir. J’ai pensé à ta souffrance aussi. Je sais que tu souffres et que tu ne le dis pas. 

Sería lindo, igualmente, que algún día te des cuenta que existe algo fuerte entre nosotros. Lamentablemente, no puedo explicarlo con un discurso que suene realista, y menos en voz alta, pero sé desde el principio que este algo está. Y es algo más profundo y más significativo que una aventura de cinco meses que termina en media hora en un bar de tu barrio. Lo sé porque lo vi. 

Tu n’es pas obligé de répondre. Je n’attends, d’ailleurs, aucune réponse de ta part. Je sais que tu es ailleurs et que tu ne penses qu’à toi, comme toujours en fait. J’étais trop intimidée pour m’en rendre compte. J’ai écrit cette lettre parce que je me sens plus à l’aise en écrivant. Et je voulais, quelque part, m’exprimer sur nous d’une manière ou d’une autre avant de t’oublier. 


Salut,


Juju